D’un premier abord, c’est une activité sportive
car c’est une « activité physique destinée à développer et à entraîner le corps » (définition du mot sport). La pratique des postures de Yoga, ou âsana, développe la musculature, la capacité respiratoire, et la souplesse.
A ce titre, elle apporte des bénéfices pour la santé physique, et la prévention du mal de dos tout particulièrement, grâce au renforcement et à l’étirement des muscles de la colonne vertébrale. Au niveau de la régulation interne, tout spécialement grâce aux torsions, le yoga soutient le nettoyage des toxines… ce n’est qu’un exemple, car le yoga est un formidable outil de santé, et la Yogathérapie en est l’une de ses approches.
Et encore…le yoga est beaucoup plus qu’un sport
L’attention portée aux sensations physiques lors de la réalisation du mouvement est une spécificité du yoga, qui rapproche sa pratique des techniques de méditation, comme la méditation de pleine conscience (« mindfullness », transmise en france par Christophe André notamment). Cette pratique de l’attention permet la clarification progressive de la conscience. Ce qui porte de nombreux fruits, à chacun d’en faire l’expérience… Car il ne s’agit pas d’un processus intellectuel de connaissance, il s’agit d’une aventure de la Conscience, notre faculté à connaître dans l’union du corps et de l’esprit: le mental l’observe, il ne le contient pas.
Deepak Chopra, auteur d’origine indienne et méditant, reconnaît avoir découvert récemment le lien entre la pratique des âsana et sa propre démarche: » Le déclic à l’origine de ma transition de méditant à étudiant dévoué du Hatha Yoga (pratique consistant à coordonner des postures physiques de yoga et la respiration) est survenu dès que j’ai été convaincu que le corps, l’esprit et le cosmos ne formaient qu’une même activité unifiée et qu’ils méritaient donc d’être traités comme tels, plutôt que comme des entités distinctes. J’avais découvert que la pratique des âsana me permettait d’accéder à la force vitale universelle qui nous unit tous. »*
Le yoga a un impact reconnu par la communauté scientifique sur le stress et l’anxiété, tout comme d’ailleurs la pratique d’un sport que l’on aime, quand elle est faite de façon respectueuse de ses propres limites, sans excès de performance. La philosophie du yoga est celui de la réalisation du geste juste dans la posture, dans une recherche intérieure de proprioception, et non pas dans une démarche de compétition entre les postures et les pratiquants, ce qui n’intéresse pas les yogis (en principe ;-).
Est-il une pratique spirituelle?
Le yoga consiste à suspendre l’activité psychique et mentale.
C’est alors que le voyant, le Soi, réside en sa propre nature.
(Yoga sutra de Patanjali traduit pas J. Papin)
La tradition indienne intègre le hatha yoga dans une démarche spirituelle globale. Des valeurs soutiennent le yogi sur la voie qu’il a choisi, telle la non-violence, l’authenticité, la constance, l’humilité… Et toute une conception symbolique du monde et de l’être humain donne au yoga une dimension plus vaste que celle d’une gymnastique bénéfique. En Inde, les sadhus (renonçants hindouistes, l’équivalent des moines dans le bouddhisme et le christianisme), pratiquent le Hatha Yoga pour transcender leur corps physique, et surtout permettre à leur corps de s’installer confortablement dans la méditation pendant de longues périodes.
Ainsi on peut dire que le hatha yoga n’est pas à proprement parler, en lui-même, une pratique spirituelle, au sens où le pratiquant n’est pas tenu de le vivre ainsi: vous pouvez faire du yoga simplement comme une pratique physique, basée sur des postures excellentes pour la santé. Cette pratique apporte au corps et au mental une force, une énergie, une tranquillité, que vous pourrez utiliser dans votre vie personnelle, professionnelle et affective, en lui donnant tout le sens que vous désirez.
Bien sûr, le yoga peut aussi vous accompagner dans une pratique spirituelle, que vous aurez choisie en toute conscience.
Namasté!
* article « Atteindre les étoiles » du Yoga Journal France n°14, jan-fév-mars 2018