Stables dans la tourmente avec Satya

Méditer et pratiquer le deuxième principe moral du yoga:

Satya : la vérité, l’authenticité.

Le « Yoga Sutra » de Patanjali est un texte sacré du Yoga, composé de 195 aphorismes, et qui définit la philosophie du corps et du mental à travers la pratique sur le tapis et dans la vie. Cette philosophie comprend les « Yamas », qui sont des principes de vie en société, à mettre en œuvre pour soi, et qui ont un impact sur les autres. Ces principes moraux constituent des règles universelles indépendantes des époques, des circonstances et de l’existence que nous vivons.

Le deuxième Yama, après Ahimsa (la non-violence), est Satya. Il se traduit par : la vérité vis à vis de soi et des autres, donc la recherche d’authenticité. Il s’agit d’une démarche de sincérité, non complaisante envers soi-même, afin d’assumer ses propres erreurs et faiblesses. Personne n’est parfait, à moins de ne pas être humain.

Cette démarche d’honnêteté est aussi une exigence de réflexion et de prise du recul par rapport au tourbillon informationnel. Elle implique une démarche intellectuelle et sensible de lucidité envers le monde, afin de développer pour soi-même une attitude de congruence. La congruence est le fait de réduire les contradictions possibles entre ses propres valeurs, et la réalité de son comportement au quotidien. Ceci sans écarter d’un revers de pensée les conséquences sociétales éventuelles d’un choix personnel.

Par exemple, si j’avais validé le principe de priver d’accés à des lieux publics, et à mes cours de yoga, ou même du droit de travailler, à certains concitoyens en raison de leur refus de participer à un essai pharmaceutique (je me réfère ici au pass « sanitaire » et à la suspension des soignants et apparentés, pendant presque deux ans sans salaire, qui a eu lieu dans notre pays entre septembre 2021 et mai 2023) …alors, je n’aurais plus été alignée avec mes valeurs, ni avec celles de la République française d’ailleurs. Les principes de liberté et d’égalité furent en effet mis de côté, au nom d’une politique répressive aux allures totalitariste, digne d’un livre de Georges Orwell ou Aldous Huxley (la définition du totalitarisme, c’est un régime dans lequel les choix privés deviennent publics, et font l’objet d’un contrôle prononcé par la loi; ainsi, à terme, le corps des individus ne leur appartient plus, il appartient au pouvoir). Le sanitarisme fut la dérive politique qui consista à faire primer l’objectif de non-circulation d’un virus, sur les objectifs plus larges de santé publique et sociales (dont la santé économique), en dépit de toute la connaissance en matière de santé publique construite sur des décennies. Les principes de non propagation appliqués furent les mêmes que ceux qui sont mis en oeuvre pour les animaux d’élevage, en dépit de toute considération humaine.

Quelques années après cette guerre menée contre les bases de nos sociétés et celles de la santé, à savoir le lien social, le sourire de nos semblables, la confiance dans la vie et dans les capacités de notre système immunitaire à nous protéger, le bienfait de l’exercice physique en plein air, etc, etc… Après cet épisode de retournement des valeurs dans lequel la dénonciation était préférée au courage de vivre, et la maltraitance psychologique et physique des enfants fut préférée au maintien d’une vie normale… Après cet épisode où marcher sur la tête était devenu la norme… Aujourd’hui, rester alignés avec nos valeurs, c’est reconstruire la possibilité du développement humain contre la barbarie du monde des robots, c’est continuer à cultiver la non-discrimination et la possibilité du lien social, possibilité incluant le débat d’idées, contre la censure du « politiquement correct », une forme sournoise d’auto-censure excluant la non-conformité à la doxa officielle, aux récits journalistiques tronqués, simplistes et manichéens, engourdissement de la liberté de penser par déficit d’information factuelle, qui écrase de sa botte le principe même de l’esprit critique et de nos différences de point de vue, de culture, et de croyances.

« Satya-pratishthayam-kriya-phala-ashrayatvam » ( Yoga Sutra de Patanjali. II-36)

est traduit ainsi par Bernard Bouanchaud:

« Le résultat correspond à l’action chez celui qui est fermement établi dans la véracité. »

Satya est l’action juste. Les pensées, les mots et les actions doivent être en harmonie. Être soi c’est poser des limites pour mieux se respecter et pour que les autres puissent nous respecter. Satya nous demande d’observer ce principe: lorsque nous disons « oui » à l’autre, il importe de s’assurer que nous disons pas « non » à nous même. Cela implique d’apprendre à déjouer les pièges des relations à tendance toxique par exemple, (remarque, tout se joue à deux, rien ne s’enclenche si l’un des 2 partenaires de la relation fait un pas de côté), et d’apprendre à repérer les mécanismes de la gouvernance perverse, apanage de notre époque, utilisant le ressort de la peur pour enclencher une adhésion émotionnelle primaire.

Prendre du recul sur ses propres pensées et comportements, habitude que l’on peut développer avec le yoga et la méditation, permet d’être davantage conscient des mécanismes émotionnels qui s’activent en nous, en toute circonstance, et de pouvoir décider de la pensée et des comportements que nous allons avoir , en pleine conscience. C’est à dire en liberté.

C’est ainsi être profondément ancré dans nos valeurs et dans notre foi intérieure.

Namaste

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